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La
prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer
La
maladie d’Alzheimer touche aujourd'hui environ 860.000 personnes
en France, 150.000 nouveaux cas sont déclarés chaque année.
Il
s’agit d’une maladie organique neurologique constituée par une dégénérescence
neuronale atteignant principalement le cortex cérébral et se traduisant
par l’apparition progressive d’un déficit des fonctions supérieures
entraînant inéluctablement une désintégration sociale aboutissant
à une perte d’autonomie majeure. La recherche fondamentale, qui
a progressé de manière considérable, explique en partie le mécanisme
constituant les lésions cérébrales et permet d’analyser un certain
nombre de facteurs de risque favorisant la mise en route de ce mécanisme.
La recherche thérapeutique médicamenteuse a permis la commercialisation
de substances intervenant sur les neurotransmetteurs impliqués dans
les mécanismes mnésiques permettant ainsi d’agir sur certains symptômes
de la maladie et de retarder l’aggravation de certains déficits
sans pour autant influer sur l’évolution de la maladie.
Consensus
d’une équipe de médecins coordonnateurs
La
maladie d’Alzheimer reste à ce jour une maladie incurable dont la
prise en charge au long cours relève actuellement du domaine médico-social.
Cette prise en charge implique de nombreux acteurs (familles, partenaires
sociaux, corps médical et paramédical, institutions médico-sociales,
associations de maintien à domicile, hôpitaux de jour ou centres
de jour) qui interviendront aux différents stades de cette maladie
qui évolue sur une durée très longue, parfois plus de quinze ans.
Il s’agit là d’une longue chaîne de solidarité qui nécessite une
coordination entre les différents services afin d’optimiser cette
prise en charge et de mettre en jeu des moyens les mieux adaptés
à l’état de chaque malade. La famille peut répondre à domicile
au problème posé par son Parent. Elle devra utiliser des relais
pour l’aider dans cette tâche (accueil de jour, services d’aide
ménagère, infirmière à domicile, garde de nuit à domicile, hébergement
temporaire). Lorsque le malade n’est plus en mesure de reconnaître
son entourage et son environnement habituel et présente des troubles
du comportement incompatibles avec sa sécurité en milieu ouvert
ou entraînant un épuisement de "l’aidant Familial", il
sera nécessaire d’envisager d’autres solutions et notamment un placement
en institution. Ce placement est souvent vécu par l’entourage en
termes d’abandon mais est aussi synonyme trop souvent de traumatismes
et d’aggravation des déficits pour le Patient.
Un
placement doit être l’objet d’une véritable réflexion pluridisciplinaire
qui doit intervenir très en amont afin de préparer au mieux tant
le patient que sa famille à ce qui doit être considéré comme une
éventualité si l’état du patient le nécessite et non comme une fatalité
à laquelle on doit se résoudre avec désespoir. Dans cet esprit,
il doit exister un continuum entre le domicile et l’établissement.
La
famille doit être très largement impliquée, si elle le souhaite
et dans la mesure de ses possibilités, dans le projet institutionnel.
L’institution
accueillant ce type de patients doit répondre au plus grand nombre
de leurs besoins et s’adapter en fonction de l’évolution tant de
la maladie que des troubles du comportement qui en découlent.
Un
certain nombre de critères participe à la constitution de ce socle
qualitatif.
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